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mercredi, avril 8, 2020
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Bruit de bottes aux frontières algéro-libyennes

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La situation en Libye a connu un nouveau tournant, avec l’annonce par le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, d’une probable implication militaire directe de son pays en soutien aux forces du gouvernement d’union nationale (GNA) contre l’offensive des forces du maréchal Khalifa Haftar.

Pour comprendre la situation actuelle en Libye, il faut se rappeler qu’elle n’est que la conséquence du chaos qui règne dans ce pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tombé en 2011 après 42 ans de règne sans partage.

La guerre civile qui a suivi l’effondrement du régime Kadhafi a fait émerger deux factions opposées : le gouvernement d’union nationale (GNA) présidé par Fayez Sarraj et reconnu par la communauté internationale, et un gouvernement rival, à l’est du pays, allié aux forces regroupées autour du maréchal Haftar, se faisant appeler Armée nationale libyenne.

Les forces de Haftar doivent leur notoriété récente à une série de victoires militaires qui leur ont permis de prendre les villes de Benghazi et Derna des mains de groupes affiliés à Al-Qaïda, avant d’étendre leur influence sur l’est et le sud du pays permettant au vieux maréchal de prendre contrôle de la plupart des champs et terminaux pétroliers du pays.

Après s’être attiré les foudres des États-Unis en 2018 en essayant de vendre le pétrole, Haftar a transféré le contrôle des terminaux pétroliers à la compagnie pétrolière libyenne National Oil Corporation tandis que les revenus pétroliers ont été transférés à la banque centrale libyenne. Les deux entités étant sous l’autorité du gouvernement d’union nationale basé à Tripoli.

Le rôle des puissances étrangères

En avril dernier, les forces du maréchal Haftar ont lancé une offensive sur Tripoli avec pour objectif de prendre contrôle de la capitale, bastion du gouvernement dirigé par Fayez Sarraj. Cependant, huit mois après, l’offensive n’a pas eu les résultats escomptés. Soutenus par des drones turcs dès la première semaine de combats, les forces gouvernementales ont connu plusieurs succès notamment en reprenant durant l’été la ville de Gharyan.

La donne a néanmoins récemment changé en faveur des forces de Haftar suite à l’arrivée de milices paramilitaires russes. Entre 1000 et 2000 mercenaires russes du groupe Wagner, dirigé par un proche du président russe Vladimir Poutine, sont arrivés en renfort pour les troupes du maréchal Haftar, apportant avec eux une expertise dans l’artillerie et le combat au sol aiguisée lors des conflits en Ukraine et en Syrie. Les forces de Hafter sont également soutenues par des mercenaires provenant du Soudan ainsi que par des drones fournis par les Émirats arabes unis.

Outre les Émirats et la Russie, l’Égypte et la Jordanie soutiennent également le maréchal Haftar, le voyant comme un leader fiable pouvant mettre fin au chaos libyen. Ces pays rejettent également les alliés islamistes du gouvernement de Sarraj, notamment les Frères musulmans. Haftar bénéficierait également du soutien politique, militaire et financier des Émirats arabes unis, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et de la France. Les États-Unis maintiennent quant à eux pour l’heure une position ambigüe, entretenue par la relation de proximité que maintient le président américain avec l’égyptien Abdelfattah Al-Sissi ou le saoudien Mohamed Ben Salmane.

Proche des Frères musulmans, la Turquie a quant à elle apporté son soutien au gouvernement d’union nationale (GNA), renforcé par l’annonce d’envoi prochain de troupes turques en Libye. Le rapprochement entre le GNA et la Turquie n’est cependant pas uniquement idéologique. La Turquie et la Libye ont signé récemment un accord permettant à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale riches en hydrocarbures. Un accord rejeté par Chypre et la Grèce, cette dernière ayant expulsé l’ambassadeur libyen à Athènes. 25 milliards de dollars de contrats potentiels notamment dans le domaine de l’armement seraient également en jeu pour la Turquie en Libye.

Outre la Turquie, Fayez El Sarraj a demandé le 20 décembre dernier à cinq « pays amis », dont l’Algérie, l’instauration d’accords sécuritaires bilatéraux pour l’aider à repousser l’offensive du maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli. Dans des lettres adressées aux dirigeants des États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Algérie et Turquie, Sarraj a appelé ces « pays amis à activer les accords de coopération en matière de sécurité » afin de « repousser l’agression de tout groupe opérant hors de la légitimité de l’État, pour maintenir la paix sociale et parvenir à la stabilité de Libye ».

Une offre inamicale

C’est dans ce contexte tendu qu’Abdelmadjid Tebboune a présidé jeudi dernier à Alger une réunion du Haut conseil de sécurité à laquelle ont pris part les hautes autorités civiles et militaires du pays dont le nouveau chef d’état-major par intérim, le général-major Said Chengriha, où a été examinée « la situation dans la région, notamment au niveau des frontières avec la Libye et le Mali ».

Le président turc Erdogan a par ailleurs appelé la Tunisie, le Qatar et l’Algérie à participer à la conférence internationale sur la Libye que doit organiser l’ONU début 2020 à Berlin.

« La doctrine algérienne en matière d’alliance militaire est immuable, bien établie et a résisté aux épreuves et je ne pense pas que l’offre turque, pays membre de l’Otan, sera reçue de façon favorable à Alger », a cependant tempéré Abdelaziz Rahabi dans un entretien au site TSA.

« [L’offre] pourrait même être perçue comme une attitude inamicale dans la mesure où la forme de l’offre est inconvenante », a estimé en outre l’ex-ambassadeur avant de rappeler que l’Algérie « n’a jamais fait partie de pacte ou coalition militaire et rejette toute forme de présence militaire à ses frontières ».

L’arrivée des troupes turques en Libye est prévue pour le mois de janvier.

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